Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

Fin d'une année, fin d'une décennie. Retour en images, en textes, en sensations et en émotions sur la cuvée cinéma 2019. D'Hamaguchi à Eggers, en passant par Gray et Llinas. Lire plus

Les Misérables

Les Misérables

Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

The Irishman

Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

The Lighthouse

Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

vendredi 17 juillet 2026

Carnet critique - 17 juillet 2026

 Critiques rapidement écritures d'un cinéphile qui n'a plus le temps.

Backrooms - Kane Parsons (2026)

L'exposition démesurée générée par ce projet soit-disant "cheap" de A24 ne trompe personne : la construction marketing de ce nouveau type de tentpoll est tout à fait mathématique, et son exécution est tout aussi stratégique de la part d'un vrai-faux génie de 20 ans. Un argument lui aussi marketing qui serait censé dédouaner le film de la faiblesse sans équivoque de ses aspects autant moraux qu'esthétiques. Son inédicité est elle aussi un mensonge : les creepypastas inspirent depuis bien longtemps cinéma et télévision (Channel Zero, Slenderman, Siberia, Smile...), sans parler de la réécriture - une nouvelle fois marketing - d'un genre déjà bien enterriné : celui du found footage. On a remplacé viral par trend, et le phénomène de société engendré par Backrooms n'est guère différent de ceux des Blair Witch, Cloverfield, Paranormal Activity. En prenant le film pour ce qu'il est vraiment, un objet horrifique assez générique malgré quelques effusions horrifiques maîtrisées, il échoue à contenter plusieurs attentes. Remplacer le sursaut par l'inquiétant, inventer un vertige d'infini... Passé la séquence de l'exploration en found footage, meilleure tentative du film (car proche de ce qu'avait ré-inventé son équivalent web), on se retrouve devant un Shining bis aux relents spielbergiens qui finit par tomber dans une emphase qui tourne au ridicule. Personne ne reviendra sur le peu de terreur procurée par la représentation de l'horreur absolue cosmique par un équivalent du pirate de Captain Morgan qui grogne et qui boite, justifiée un méli-mélo allégorico-psycholo-comptoire de bar qui nous sort à peine du champ lexical de l'alcoolisme redigéré par Backrooms. L'horreur serait, comme dans Shining, justifiée par le besoin de représenter l'alcool comme un mal absolu - non pas en cherchant des sources économiques, politiques, existentielles... mais tout à fait essentialistes. ★★☆☆☆

Jim Queen - Marco Nguyen et Nicolas Athane (2026)

On pourrait inventer une analogie entre les cultures geek et gay, dans leurs rapports respectifs au mainstream, aux identités, aux kinks. Jim Queen, prolongement esthétique des séries post-Adventure Time, mais surtout Rick and Morty, ne nous fera pas mentir : la culture gay parisienne y devient une sorte de jeu de rôle plateau où drag queens, puppies, bears se substituent à elfes, orcs et princesses. Comme ses influences américaines, Jim Queen vaut pour son écriture, son verbe, son doublage, son humour. Il a l'ambition de ses moyens : c'est un bonbon fun et drôle. Mais l'arrière-goût tenace de déguster un long épisode de Bob l'éponge reste, et avec lui le trop plein d'énergie donné à expliquer les ressorts de cet univers nouveau. Car quand Hillenburg passait au long-métrage, ce nouveau format était celui de l'apothéose, presque méta, presque vertigineuse. Il lui avait fallu cinq saisons pour en arriver là. ★★☆☆☆

Magellan - Lav Diaz (2025)

Voir Lav Diaz sur cette nouvelle échelle, avec Gael García Bernal et des caravalles comme décor, c'est aussi craindre un film dévoyé. C'est pourtant à cela que l'on peut identifier les cinéastes de cette dimension : celle de pouvoir opérer avec autant d'aisance dans ce cadre forcément plus académique mais sans sacrifier un rapport au temps précis, un rapport à la représentation, à l'image, au politique. Magellan est un triomphe sur ces démons économiques : jamais film de Lav Diaz n'aura été aussi limpide pour nos yeux occidentaux, à qui il semble s'adresser uniquement. S'inventent des séquences inédites, reconstitutions précieuses et uniques de l'expérience coloniale de la Renaissance et des premiers contacts indigènes. Mais, comme à chacun de ses films, l'accomplissement de Diaz sera celui du temps : c'est sa donnée fondamentale. Tout s'étire. Parfois trop. Avec toujours la question de sa justification. Dans Magellan, le temps devient celui des traversées transatlantiques, transpacifiques ; celui des longs discours de conquérants ; celui de la mort, de la putréfaction. ★★★★☆

Mektoub, My Love : Canto Due - Abdellatif Kechiche (2025)

Film, trop attendu, au point que tout a déjà été dit, formulé sur ce "film maudit", "chant du cygne", et tous les autres poncifs déjà formulés pour parler de Mektoub, My Love, huit ans après la révélation du premier, six ans après le scandale du second. Ce qu'il en reste, après l'abbatage critique, c'est la polysémie kechichienne : jusqu'à ce que sa définition de "film total" ne fasse jamais vraiment sens - ce dyptique restera ce que lui-même a pu produire de plus gorgé de vie, de réel, d'humanité, baigné par cette lumière d'un seul lointain été. Tout semble ici d'abord continuer, puis peut-être se refermer - on pense apercevoir une fin mais c'est dans un élan dramaturgique inattendu que ce bout de Sud s'interrompt, comme rattrapé par sa nature même de fiction. Inattendu, inabouti, et pourtant inoubliable. ★★★★★

Avatar : de Feu et de Cendres - James Cameron (2025)

En faisant de ce troisième volet un troisième acte ininterrompu, Cameron abandonne toute idée de respiration : Avatar ne serait alors plus qu'un jeu-vidéo de la performance, où l'action elle-même n'est plus qu'un ralentissement, où chaque seconde est un nouveau climax, avec la sensation désagréable que rien ne se résout, tout s'annule, et que le point de chute n'est guère différent du point de départ. C'était déjà le cas dans le deuxième volet, et beaucoup moins dans le premier, mais ce sacrifice aux sirènes d'un nouvel ordre narratif sériel rappetisse un film qui avait pourtant des idées de grandeur. On pourrait parler de fond, mais Cameron, dans une sorte de bravoure technologique sans limite, ne se lie plus que comme une aventure purement formelle : qu'il s'agisse des valeurs traditionnelles véhiculées par le film, de la ringardise des dialogues et de ses personnages (Spider, "bro", etc.), ou de la disparition lente et certaine de toute cause écolo, tout ceci n'est plus qu'un apparat, qu'un prétexte au spectacle. ★☆☆☆☆

Chien 51 - Cédric Jimenez (2025)

On donnera à Jimenez une longueur d'avance : essayer d'ignorer l'éléphant dans la pièce (Bac Nord), et prendre ce Chien 51 pour ce qu'il est dans sa chair. Essayer d'absenter les centres d'intérêt de sa filmographie (la société de contrôle, les nazis, les bandits, les flics, les voitures), son entourage (Diwan, Lellouche, Dujardin). Apparrait très rapidement un même spectre, une même lecture de ce qui ferait cinéma : une certaine idée d'un Hollywood à la française, tel qu'on aurait pu le fantasmer en 2005 (avec ce que ça a donné de pire - Besson ou Olivier Marchal), de réduire le cinéma américain populaire à des polars testostéronnés, des westerns urbains codifiés aux dialogues hyper-écrits. Il y a le décor d'un Ghost in the Shell mais ça sent finalement le Stallone, le scénar de mauvais jeu-vidéo, avec des personnages fantômes qui n'existent que par leur charisme, car chez Jimenez il n'y a bien que ça. Le charisme. Les punchlines. L'action envahit les décors, fait émerger toujours les mêmes plans : les courses poursuites ne seront toujours des gros plans sur des roues, des sourcils froncés, des crissements, des montages alternés. Ce qui désespère chez Jimenez, ce n'est pas son faux apolitisme fondamentalement macroniste et néolibéral avec des méchants tout designés (les nazis, les violents, les malhonnêtes) et ses carottes en plastique (la vérité, la justice), mais l'abstraction complète des microcosmes qu'il déploit et auxquels il ne s'intéresse pas vraiment. Il n'y a pas de matière. On pourrait déplacer l'intrigue de Chien 51 dans HHhH, Bac Nord et La French, les résultats seraient les mêmes : voilà un cinéma de cinéphile qui n'existe que dans ses références culturelles mal-comprises et donc mal-imitées, plutôt que dans un éventuel référenciel politique nauséabond (plus ringard que dangereux, sans doute). ☆☆☆☆☆

mercredi 9 avril 2025

Jeunesse (Les Tourments)

JEUNESSE (LES TOURMENTS)
de Wang Bing (2024, Chine)

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Ce ne sont pas des personnages que l’on retrouve, très loin de l’idée qu’on pourrait se faire du dispositif de Wang Bing sur Jeunesse (il a suivi les jeunes ouvrier·es de ces usines textiles pendant plusieurs années), mais un décor. Un non-décor, s’il fallait être tout à fait honnête, car l’espace de ce deuxième film de cette trilogie documentaire – comme celui du premier – n’a rien d’évidemment cinématographique, rien de spectaculaire. Des petites salles grises exiguës, jonchées de chutes de tissus, et rythmées par le bruit assourdissant – qu’on finit par oublier – des machines à coudre. Wang Bing n’est pas allé filmer l’enfer dystopique post-capitaliste dans ses matérialisations d’Epinal : de grandes usines symétriques de travail à la chaîne fordien. Non, ici, tout est minuscule, un peu minable, quasi incompréhensible – les personnages passent d’une machine à l’autre sans que l’on comprenne la complexité apparente des canevas qu’iels suivent selon un protocole qui semble automatique. C’est là l’une des caractéristiques les plus claires de ce qui serait une « forme Wang Bing » : ne pas saturer le réel de ce qu’il contient déjà d’éminemment monumental, même dans ses sentiers les plus insignifiants. Le monumental vient alors se manifester dans divers ponctuations ; la première étant, et c’est bien là la plus visible, la durée. D’une séquence, d’un film : 4 heures, 8 heures, 2 heures 30. C’est devenu un gag – mais ce n’est pas un effet de cinéma. Les plans visitent, ils accaparent le réel brut, les dialogues jusque dans leurs errements, leurs hésitations. La caméra tremble – on pense parfois qu’elle rate son cadre, alors qu’en réalité tout est cadre, car rien n’est fabriqué.

Intervient – au bout d’un premier mouvement – une torsion que l’on pensait deviner, une variation sur le premier Printemps. Pareil titre méritait tourments. Des séquences vont alors s’accumuler : on les devine filmées à plusieurs époques, captées inopinément lors de ce faramineux travail de captations. D’abord des échanges laissent deviner des rouillures, des cassures dans les rouages de cette répétition. Des groupes se forment, des échanges s’enveniment : certain·es semblent réclamer réparation, justice. Les « patrons » s’opposent souvent, les arguments se répètent, et le groupe se revient bien souvent seul. La mécanique Wang Bing opère alors un tour de Trafalgar, vraie opération radicale de représentation d’un mouvement de révolte proto-syndicale. Les voix se chevauchent, le ton monte, et pourtant la réalité devient vite évidente : toutes ces agitations n’aboutiront à rien. L’ensemble dépasse l’objet, et même si l’un ou l’autre fuira ses méfaits, l’ordre reste le même. Les moutons changeront de bergers, quand le propriétaire n’ira pas couper l’électricité. Cette séquence du film, froide et crépusculaire, d’une mise à mort programmée où on comprend que le patron n’était même pas propriétaire de ses murs est d’une horreur glaçante, tentaculaire. A cette architecture s’ajoute un étage supplémentaire, celui qui rend l’immeuble vertigineux, indéboulonnable. Loin des tumultes, on se retrouve à observer la vie, le monde, comme ces quelques jeunes survivants, pour qui travail est devenu simple synonyme d’élévation sociale – et d’ailleurs la finalité de celle-ci. A partir de là, on pourra argumenter des heures sur cette réalité opaque du capitalisme, et pourtant l’impact sensitif de son action est intraitable. Il liquéfie, il immobilise – et pourtant il n’arrête pas la vie. Plutôt que de faire du misérabilisme une condition sine qua non de la pauvreté, Wang Bing interpelle l’individualité des masses. Au milieu de ces ensembles humains fourmillants – avec lesquels l’Occident a souvent illustré la Chine contemporaine – il va chercher le manifestant et la nature fondamentalement rugueuse et mosaïque de la foule. Certains rient, certains pleurent. Mais toustes essaient toustes essaient de faire de l’argent.

★★★★★

vendredi 4 avril 2025

Tiempo de Revencha (1981)

TIEMPO DE REVENCHA
de Adolfo Aristarain (1981, Argentine)


Parabole politique, censure et résistance symbolique : cette triade magnifique parcours le cinéma latino-américain de la deuxième partie du XXème siècle aussi certainement que la guerre sale a interféré jusqu’aux évocations artistiques allégoriques de ce qui pouvait se passer loin des grands récits officiels. Pour qui connaitrait les dates de la dictature de Videla et des autres, y replacerait Tiempo de Revencha et l’engagement politique d’un certain Adolfo Aristarain, cela ne fait aucun doute : tout ici n’est qu’une évocation sophistiquée de la répression alors bien réelle qui avait lieu en Argentine – exactions, torture, détention, surveillance et contrôle. Les mécanismes à l’œuvre chez Aristarain sont rigoureusement esthétiques – et même absolument charnels, dans sa définition la plus stricte : la chaire. Le corps est maltraité, les sens sont à l’usage, travaillés par des agents d’un minimalisme qui traduit plus grande terreur.

Argumentons des heures sur tous ces symboles, mais cela ne situerait Tiempo de Revencha que comme un ixième document historique à penser comme un témoignage poétique muselé. 2025, qu’a-t-on à apprendre des mécaniques du pouvoir argentin en 1980 ? L’idée impétueuse d’Aristarain qui retiendra encore plus notre attention, c’est celle du déplacement. Prenons les choses aussi strictement qu’elles sont déployées dans son film : Tiempo de Revencha n’est pas le récit d’un bras de fer entre un résistant politique et un Etat, mais d’un travailleur syndiqué et de son entreprise capitaliste. A partir de là, tout est possible, et tout cela devient même savamment ludique : l’allégorie devient plurielle, jusqu’à se dessiner elle-même comme un objet indépendant. Peut-être est-ce l’argument le plus grinçant de Tiempo de Revencha, que nous habitions aujourd’hui sa dystopie. Faire de l’Etat une entreprise qui reproduirait les appareils de contrôle, de violence (physique et symbolique), les structures de domination et de coercition en les appliquant aux travailleur·euses plutôt qu’aux citoyen·nes. Nul besoin d’aller enquêter jusqu’aux excès de Milei, dont la tangente quasi-caricaturale dépasse de loin la relative pudeur de l’analyse politique déployée par le film (le capitalisme a finalement dépassé la fiction). A l’heure où nous sommes tous·tes les employé·es de la start-up France, où l’économie dérégulée est devenue une guerre sale à son tour, où nos citoyen·nes les plus précaires sont mis·es au pas du travail forcé pour remplir leur frigo, où on vous met sous surveillance informatique pour vous donner un droit au chômage pour lequel vous aviez cotisé, où les allocations sont devenues des salaires. L’Entreprise kafkaïenne d’Aristarain a dépassé la parabole : l’Etat est finalement devenu Entreprise. Et on s’est tous·tes coupé la langue.

dimanche 31 mars 2024

Tango (1998)

TANGO
de Carlos Saura (1998)


La ressortie récente de Cria Cuervos (accélérée par la mort de son auteur il y a un an) ne saurait cacher la vérité aux plus assidus spectateurs de Carlos Saura : si beaucoup de ses œuvres auront eu pour terrain commun l’analyse aussi subtile (fruit de leur censure) que baroque (on ne pourra jamais dire de Saura qu’il aimait les plans fixes silencieux monochromes) de l’Espagne franquiste, sa vraie obsession aura sans doute été la danse. En témoigne le tournant progressif de sa carrière, au milieu des années 80, d’un certain cinéma social (plus documentaire que naturaliste, certes) vers une succession de variations plus ou moins célébrées autour d’arts concourants : heptalogie sur le flamenco (Bodas de sangre, Carmen, El amor brujo, Flamenco, Salomé et Flamenco Flamenco), apartés sur d’autres danses (Jota de Saura, Tango), genres musicaux (Fados, Io Don Giovanni), expérimentations sur l’héritage artistique (Antonieta, Buñuel et la Table du Roi Salomon, Goya en Burdeos), et autres œuvres dont on pourrait lister la fourmillante multiplicité et leurs parallèles chaotiques.

Ici, l’enchevêtrement de deux échelles créatives, de deux espaces diégétiques : la mise en scène du chorégraphe, mis en image par le cinéaste. Chaque plan est alors traversé par deux lectures ; d’abord celle du corps, puis celle de la lumière. C’est dans cette constante dichotomie que Saura déploie la puissante mise en abyme de sa propre pratique, prenant la danse comme un objet à double usage. D’abord un évident tableau de fascination (il serait alors un chorégraphe-caméraman, directeur d’un découpage en lumière des corps et d’un agencement en espace de la caméra – un dispositif bien différent de celui de la danse non-filmée), mais aussi un processus de représentation (de par sa nature moins naturaliste que le cinéma, elle lui permet de figurer par l’extrême les problématiques qui traversent sa propre expérience de cinéaste). En lame de fond dans Tango, une question d’autorité, de censuré, de représentativité. L’art face à l’histoire, à la mémoire.

Et c’est bien en cela que cet exil éphémère de Carlos Saura en Argentine et dans sa culture dansée n’est qu’un leurre matériel : si l’objet et son temps sont tout à fait latino-américains, la colonne vertébrale de Tango est bel et bien espagnole. Sous couvert de traiter de la Guerra sucia et du tango, Saura prend la tangente d’un épicentre national : le franquisme, l’Espagne, le Pacto del Olvido. Mettre un pays face à sa propre histoire (récente), via ses balbutiements artistiques dans une démocratie nouvelle qui ne s’est pas encore totalement émancipé de ses grippes intestines. Tango, pris sous cet angle, prend une dimension plus glaçante, au metatexte saisissant : comme si sa propre autocensure était si terrassante que même pour en parler, un déracinement était nécessaire, évident, indépassable. Un film sur les problèmes de représentation du tango argentin pourrait-il alors être une drôle d’allégorie de l’Espagne franquiste ? C’est en tissant ces parallèles trop tordus qu’on fait honneur à la propose vision de l’Art que défend Saura : tout n’est que distorsion, tout parle d’autre chose. Et la censure, qu’on impose ou qu’on s’impose, véritable paradigme de toute création, n’est au final que le revers antagonique de la mémoire.

mardi 14 novembre 2023

Le Garçon et le héron

 

LE GARÇON ET LE HÉRON (2023)
DE HAYAO MIYAZAKI

lundi 16 octobre 2023

Jeunesse (Le Printemps)

 

JEUNESSE (LE PRINTEMPS) (2023)
DE WANG BING

dimanche 1 octobre 2023

Michel-Ange



MICHEL-ANGE (2020)
RÉALISÉ PAR ANDREÏ KONTCHALOVSKY

vendredi 22 septembre 2023

Eva en août


EVA EN AOÛT (2020)
RÉALISÉ PAR JONAS TRUEBA