Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

Fin d'une année, fin d'une décennie. Retour en images, en textes, en sensations et en émotions sur la cuvée cinéma 2019. D'Hamaguchi à Eggers, en passant par Gray et Llinas. Lire plus

Les Misérables

Les Misérables

Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

The Irishman

Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

The Lighthouse

Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

lundi 18 novembre 2013

Kenny Powers - Intégrale


INTEGRALE - HBO
Créée par Ben Best, Jody Hill, Danny McBride

Kenny Powers Eastbound & Down en VO - c'est fini. Après quatre saisons et une diffusion chaotique (la série a été une première fois annulée après la deuxième saison, puis une deuxième fois après la troisième saison, pour être enfin ressuscitée pour un quatrième et dernier acte - ces annulations intempestives ayant créé parfois des pauses de près de deux années entre la diffusion de deux saisons), la série qui a propulsé Danny McBride sur le devant de la scène tire enfin sa révérence. Bizarrement, malgré la popularité grandissante du Monsieur aux Etats-Unis, il est intéressant de noter que la série de HBO a toujours été très loin de battre des records d'audiences.


Les débuts de Kenny Powers pataugeaient un peu. Les premiers épisodes étaient vulgos au possible, et proposaient quelques rires, mais rien d'extraordinaire. Puis, en milieu de fin de première saison, le virage : Oui, car on comprends enfin que l'objectif de la série n'était pas seulement de faire rire, mais aussi de donner une leçon de vie à sa façon. Quand on voit que l'excellent David Gordon Green (réalisateur certes de grosses comédies bien lourdes, mais en parallèle porte-étendard d'un certain cinéma indé américain) est derrière la caméra pour de nombreux épisodes, on comprend très vite le fond d'un show comique qui avait pourtant commencé de manière très classique. Car c'est alors qu'on passe du comique vulgaire à une véritable tragicomédie, proposant une vision désenchanté du rêve américain à travers les yeux de son personnage principal, imbu de lui même, égocentrique, égoïste et grossier.
Puis, après ce final incroyable, vient la deuxième saison, probablement la meilleure d'entre toute, car à la fois hilarante et d'une maturité assez déconcertante si on creuse un peu entre les lignes, proposant la peinture d'un Mexique "poubelle" des Etats-Unis à la fois réaliste et intelligente. Un grand moment de télévision servi une nouvelle fois par une fin de saison ni heureuse ni totalement désespérée, qui à l'époque fut considérée comme la dernière du show, avant d'être ressuscité d'entre les morts pour un troisième acte.


Une troisième saison qui sera un peu en-dessous de ce à quoi nous avait habitué la série, particulièrement dans sa seconde partie, virage trop rapide dans la psychologie de Kenny Powers qu'on tend à trop humaniser, notamment vers la fin. Pas que ce soit moins drôle, mais que le manque de substance face clairement défaut à cette troisième saison. La série, qui avait beaucoup gagné à développer un fond très malin, semble subitement en être dépourvu et ça lui fait clairement défaut. Au final, si la saison 3 proposait une semi-conclusion à la série, la série de HBO aura finalement droit à une ultime saison, construite de la sorte. Ce qui est partiellement gênant, c'est que la saison trois, puisque les créateurs de la série étaient persuadés qu'il s'agirait de la dernière, avait déjà réalisé la "rédemption" de leur personnage. Ainsi, cette saison quatre aurait tout aussi bien pu être une saison trois alternative... dans tous les cas le constat reste le même : Kenny Powers s'est calmé. On rigole, mais on ne réfléchit plus. Malgré un regard critique porté sur la télévision, le propos tenu est moins virulent qu'il ne l'a été. A la fois décevant et prévisible : après le chef d'oeuvre (oui, j'ose) qu'avait pu être la saison deux, il allait être difficile d'imaginer que celle-ci soit battue.
Jusqu'à la toute fin, on aura presque espéré un final désenchanté, dans la veine "tragicomique" des débuts de la série. Mais non. Si la conclusion est délirante, elle est heureuse, et en soit pas spécialement mémorable, malgré un dernier épisode haut en couleur (la scène d'introduction dans l'avion est d'ors et déjà cultissime, avec un caméo en or massif).


Mais bon, tout du long de ses vingt-neuf épisodes, Kenny Powers aura su révéler à la fois le génial Danny McBride et surtout le délirant Steve Little, dont j'aurais désormais du mal à me passer tant son personnage était incroyable, ainsi qu'une bande-originale magistrale et une écriture incisive qui vous donnera de nombreux fous-rires. Mais même si c'est aussi une série qui, si elle aura été de plus en plus vulgaire au fil des épisodes, Kenny "Fucking" Powers se sera pourtant assagie. Et on en est les premiers déçus. Mais tout cela reste excellent, pas de doutes là-dessus, à voir absolument, surtout pour les fans de ce registre de comédie bien lourdasse US.

0 commentaires:

Publier un commentaire