Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Fincher ? Moretti ? Haneke ? Almodovar ? Depardon ? Kore-eda ? Joe ? Nolan ? Quels seront les absents et les présents ? A la BBC, voici mon top 100 des films du XXIème siècle. Lire plus

The Strangers

The Strangers

Le prodige coréen Na Hong-jin revient avec son troisième film, un polar horrifique qui évoque Friedkin et nous rappelle que le Mal peut surgir de n'importe où. Un thriller d'épouvante bouleversant dans la pur tradition kimchi. Lire plus

The Assassin

The Assassin

Le gigantesque cinéaste taïwannais Hou Hsiao-Hsien s'attaque au cas du wu xia pian et nous livre une fresque historique monumentale, innovante, singulière. Un film unique qui se classe d'ors et déjà parmi les plus grosses claques de l'année. Lire plus

The Revenant

The Revenant

Le monstre d'Iñarritu sort enfin dans nos salles : est-ce que ce film, annoncé comme l'un des monuments de l'année, correspondra aux attentes ? Lire Plus

mercredi 5 mars 2014

Tour du Monde #4 : Cuba - Soy Cuba, de Mikhail Kalatozov (1964)


Dans le cadre de mon Tour du Monde cinéma.

Un film de Mikhail Kalatozov (1964)
Avec Luz Maria Collazo, José Gallardo, Raul Garcia

CUBA
J'arrive enfin sur le continent américain. Mais au lieu de commencer par un "gros morceau", je me concentre cette fois-ci sur Cuba. Cuba c'est quoi ? À part un jeu de mot pourri que tout élève de primaire a fait au moins une fois, c'est une île de la taille du Portugal au large de la côte Est des Etats-Unis et du Mexique. Elle est découverte par Christophe Colomb en personne en 1492, devient une colonie espagnole. À la fin du XIXème siècle, une guerre d'indépendance qui tue un huitième de la population confie à Cuba une relative autonomie : relative car les Etats-Unis gardent un certain contrôle sur l'île jusque dans les années 30, et en profite pour placer un pro-américain à la tête du pays : Fulgencio Batista, qui sera dictateur de l'île par intermittence jusqu'au coup d'état de Fidel Castro en 1959. On connaît la suite : Che Guevara, le Débarquement de la Baie des Cochons, la crise des missiles cubains, les rapports étroits avec l'URSS. Castro restera chef d'état jusqu'en 2008, date à laquelle il confiera les clés de Cuba à son frère, Raúl. Je suis pas un spécialiste en histoire cubaine, donc si j'ai fait des erreurs, vous pouvez évidemment me corriger en commentaire.

Si le cinéma cubain s'est plutôt développé au départ (début du XXème siècle), il décline fortement après la Première Guerre Mondiale. C'est la Révolution Cubaine qui permet au 7ème Art de production locale de revenir au premier plan. Des films de propagande, certes, mais un cinéma novateur qui permettra à de nombreux cinéastes soviétiques de s'intéresser à l'île (dont Kalatozov, dont nous allons parler aujourd'hui). Depuis trente ans, le cinéma cubain est pourtant à nouveau sur la pente descendante, malgré quelques productions réussies (Guantanamera ou encore Viva Cuba).

LE FILM
Le plus amusant avec Soy Cuba, c'est que le film était complètement tombé dans l'oubli. Quelques années après sa Palme d'Or pour Quand passent les cigognes, Mikhaïl Kalatozov réalise Soy Cuba, peinture en quatre histoires de la révolution cubaine. Mal accueilli à l'époque de sa sortie par les spectateurs cubains et soviétiques, le dit-film tombe dans l'oubli total et plus personne n'en entend parler jusqu'en 1993, trente ans après sa sortie, année où il est présenté au Festival de San Francisco. Depuis, Soy Cuba est entré au panthéon du cinéma soviétique. Pour faire court, le film présente quatre histoires indépendantes qui montrent l'évolution du peuple cubain vis à vis de la dictature dans laquelle ils vivaient - jusqu'à la révolution.


On m'avait longtemps venté la mise en scène de Kalatozov. Visiblement le bonhomme est très amateur de plan-séquences - de part sa collaboration avec le chef opérateur Sergueï Ouroussevski. Soy Cuba ça veut dire Je suis cuba - et le film est à peu près ça : un portrait du pays dans les années 50 et au début des années 60. Derrière l'image paradisiaque que cache l'île (comme le montre le générique) existe un régime dictatoriale, de la misère et le méchant capitaliste américain. Soy Cuba a beau être tout sauf manichéen - on a d'un côté les méchants américains avides d'argent, de femmes et de pouvoir, et de l'autre les ouvriers et paysans exploités. Un fond véritablement engagé, mais c'était prévisible de la part d'un film soviétique de l'époque - et si on s'arrêtait là, je suis certain que Soy Cuba n'aurait marqué personne. Parce qu'en plus du fond, il y a une forme, et c'est là que le film de Kalatozov impressionne : il a trente d'avance. C'est magnifique, ambitieux, époustouflant de bout en bout. Un véritable chef d'oeuvre de mise en scène, c'est un plaisir de tous les instants. Chaque plan est un tableau, une photographie magnifique, un sens du mouvement qu'on ne reverra au cinéma que des décennies plus tard.


Soy Cuba c'est un classique oublié, une véritable révolution qui mériterait d'être classé au rang d'incontournable. Incarné par des acteurs incroyables, contant parmi les plans-séquence les plus magnifiques qu'on ait jamais vu - un énorme chef d'oeuvre dont la voix off résonne encore dans ma tête. Je commence à manquer de superlatifs, donc je vais m'arrêter là - si vous ne l'avez pas, vous savez ce qui vous reste à faire.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire