Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

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Les Misérables

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Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

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Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

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Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

mercredi 1 avril 2015

Sea Fog


RÉALISÉ PAR SHIM SUNG-BO
AVEC PARK YOO-CHUN, KIM YUN-SEOK, HAN YE-RI

Passé l’excitation de retrouver Bong Joon-ho et Shim Sung-bo à la co-écriture d’un même film, plus de dix ans après Memories of Murder, difficile de contenir son impatience : et pourtant, c’est quasiment un an après sa sortie au pays du matin calme que Sea Fog arrive enfin dans nos salles françaises, ou plutôt dans les rares salles le programmant – on ne peut cependant pas vraiment blâmer la jeune société The Jokers qui a déjà bien du mérite de distribuer le film. Adaptation d’une pièce de théâtre, elle-même inspirée d’un fait divers survenu en 2001 en Corée du Sud, Sea Fog est donc la première réalisation de Shim Sung-bo, réunissant Kim Yun-seok ou encore Kim Sang-ho, entre autres visages connus d’Hallyuwood.


Impossible de ne pas reconnaître la patte Bong dans Sea Fog, principalement dans les personnages – on retrouve cette sensibilité sociale alliée à une cruauté morale, à la limite du malaise, ces hommes ordinaires confrontés à l’impensable, à un monde animal qu’ils ne comprennent pas. Sea Fog est un cauchemar, une aventure tétanisante et oppressante qui fascine autant qu’elle dégoute, qui interroge autant qu’elle surprend. Bien plus qu’un thriller dans la pure veine kimchi, Sea Fog est aussi et surtout un formidable drame sur fond de crise populaire et économique, l’effondrement financier de la classe populaire coréenne – le tout traité avec une justesse surprenante à la vue de la brutalité dont fait preuve Shim dans sa narration, questionnant autant moralement son spectateur que ses protagonistes.
Âpre et violent jusqu’à sa dernière note, c’est surtout dans sa deuxième moitié que Sea Fog s’envole, notamment grâce à cette superbe mise en scène qui use de son environnement comme d’un véritable personnage. Le brouillard, le chalutier, la cale : chaque recoin de ce bateau qui sert à la fois de décors et de moteur scénaristique, devient un nouvel acte de cet enfer perdu au milieu de l’océan  on ne différencie plus la folie du désespoir, l’amertume de la bestialité.


Sea Fog est un grand film choc, huis-clos à ciel ouvert à la frontière du conte philosophique. Il y a les promesses d’un cinéaste qu’on l’on aimera retrouver à l’avenir, mais aussi l’empreinte de l’un des plus grands maîtres modernes qui imprime, même discrètement, l'ambition d’un cinéma fort, intelligent, tragique et dévastateur. Immanquable.

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