Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Mon Top 100 des films du XXIème siècle

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mardi 4 août 2015

Humans - Saison 1


SAISON 1 CHANNEL 4 / AMC
Créée par Sam Vincent, Jonathan Brackley
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Utopia était une série très largement surestimée, qui ne brillait que par sa forme très réussie. Que Humans, bâtie sur les mêmes bases que la série de Dennis Kelly annulée l’an dernier, soit une relative déception n’est donc en soit pas une surprise : remake anglophone de Real Humans, série suédoise elle aussi surestimée, on pouvait pourtant en attendre beaucoup – casting impeccable, ambiance clinique, budget revu à la hausse… ce qui, sur le papier, pouvait intéresser, est au final aussi bancal que ce que les défenseurs de Äkta människor avaient pu annoncer. Mais pas pour les raisons qu’ils donnaient.


Humans est une coproduction entre Channel 4 et AMC, et c’est important de le noter car elle ressemble beaucoup plus à une série anglaise qu’à une série américaine. Bonne nouvelle pour certains, elle remet pourtant en avant un débat qu’on n’ose pas vraiment aborder de peur de se faire lapider publiquement : d’où vient cet enthousiasme pour les séries britanniques ? En dehors de quelques merveilles d’écriture comme The Hour ou State of Play, sans oublier les indémodables classiques que sont Flying Circus ou bien The Prisoner, il y a quelque chose d’incompréhensible dans cette admiration pour une forme de production soi-disant novatrice alors qu’elle se répète en boucle depuis une bonne dizaine d’années. Les mêmes schémas, la même sophistication un peu creuse qui, quand elle n’est pas l’extension d’un period drama bien mièvre, fait ressembler un drame social comme une série de genre à un techno-thriller aux effets de mise en scène aussi boursouflés qu’ils desservent le sérieux du projet.
Humans possède un véritable travail sur l’image, en apparence accompli, mais qui ne fait pourtant que fusionner les esthétiques de Black Mirror et de Utopia. C’est clinique tout en étant racoleur (l’utilisation excessive de la très bonne bande-originale est abominable), prétendument intelligent alors que la série ne fait que visiter des lieux communs – tant scénaristiques que philosophiques. Les personnages, à l’exception d’un ou deux, sont stéréotypés et suivent des évolutions difficilement compréhensibles, les révélations les concernant arrivent d’ailleurs comme un cheveu sur la soupe, et puis en dehors de William Hurt et Neil Maskell, les acteurs sont tous insupportables.
A partir de là, difficile pour Humans de convaincre dans sa démarche risquée. Quelques fulgurances viennent sauver un épisode ici et là de la morosité qualitative installée par les précédents, les différences prises avec la série originale sont tout à son honneur et lui donnent une raison d’être, mais l’impression latente de déjà-vu et l’écriture terriblement facile, si ce n’est stupide (la gamine hackeuse, sérieusement ?) viennent achever toute étincelle de curiosité qui avait eu la mauvaise idée d’apparaître ici.


Sympathique à suivre, pas trop ennuyante et ayant la capacité de livrer d’excellentes (rares) scènes, Humans n’est pas non plus une catastrophe. C’est même un remake réussi, dans le sens où elle a su se différencier et se rapprocher de la série originale quand il le fallait, ayant son lot de fidélités et de trahisons qui maintiennent un tant soit peu l’intérêt des connaisseurs de Real Humans. Si vous trouvez Black Mirror révolutionnaire, que Utopia vous passionne et que le suédois est une langue affreuse à votre oreille, c’est un bon compromis. Sinon, le pilote donne une bonne idée de ce que la série est capable de proposer.

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