Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

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Les Misérables

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The Irishman

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Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

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Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

lundi 29 décembre 2014

One Child - Mini-série


MINI-SÉRIE SUNDANCE TV / BBC2
Créée par Guy Hibbert
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Après les acclamées Top of the Lake, Rectify et The Red Road, Sundance TV propose en cette fin d'année une nouvelle mini-série originale en coproduction avec la BBC. One Child évoque, comme son nom l'indique, la politique de l'enfant unique en Chine : une jeune femme adoptée en Chine au début des années 90 est contactée par sa mère biologique suite à la condamnation à mort de son frère pour un crime qu'il n'a pas commis.


Malgré son sujet digne d'un mauvais tire-larme, One Child surprend par son engagement politique. Véritable série engagée, critique frontale du système chinois, et principalement de la corruption de ses instances. Évoquant à la fois la précarité des classes ouvrières due aux inégalités sociales importantes, une justice gangrenée, l'importance des médias face à l'individu et un racisme latent de sa communauté. Derrière la mini-série de Guy Hibbert se dévoile un pamphlet très pertinent sur les lacunes de la première puissance économique mondiale. On est bien loin de la subversion d'un Jia Zhang Ke, ou de la subtilité d'une Vivian Qu, mais One Child évoque clairement ces marginaux du cinéma. Et si dans son ensemble, le scénario reste relativement cousu de fil blanc, certaines scènes (la première rencontre avec le frère, les confessions de la mère, la scène de l'hôtesse ou encore la deuxième partie du dernier épisode) démontrent une efficacité rare de par leur cruauté, leur violence morale et émotionnelle. Avec son esthétique soignée, One Child filme la Chine des yeux de ses acteurs : les hauts immeubles s'étendent jusqu'aux cieux, les passants s'ignorent, le ciel grisé par la pollution dégage une lueur menaçante. Tout semble inaccessible, chaque personnage et chaque figurant apparaît comme profondément seul, pris en tenaille entre son humanité et la peur du monde qui l'entoure, du monstre qui l'observe sans cesse. On n'est pas si loin de George Orwell.
Dans la Chine de One Child, il n'y a aucun espoir. Pots-de-vin, prostitution, violence, passivité - même la nature n'existe plus : aucun arbre, aucune vie, seuls poussent ces buildings gigantesques au milieu d'une foule robotique aux allures de dystopie.


Que nous dit One Child sur notre société ? Beaucoup. Les organismes internationaux semblent impuissants face à ces exactions, tous regardent ces injustices sans pouvoir y répondre. Ne s'indignent que trois ou quatre originaux, assis en cercle dans un parc. L'un est professeur, l'autre est avocat. Ils sont anti-systèmes mais ne peuvent pas bouger, par peur de dévoiler la nature de leur discussion. Sans pour autant livrer une oeuvre mémorable, Hibbert signe ici une analyse profonde de la balance politique chinoise. Tout est incertain, tout est injuste, tout est sans espoir. Où la liberté des uns devient la dictature des autres. Brillant.

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