Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Fincher ? Moretti ? Haneke ? Almodovar ? Depardon ? Kore-eda ? Joe ? Nolan ? Quels seront les absents et les présents ? A la BBC, voici mon top 100 des films du XXIème siècle. Lire plus

The Strangers

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Le prodige coréen Na Hong-jin revient avec son troisième film, un polar horrifique qui évoque Friedkin et nous rappelle que le Mal peut surgir de n'importe où. Un thriller d'épouvante bouleversant dans la pur tradition kimchi. Lire plus

The Assassin

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Le gigantesque cinéaste taïwannais Hou Hsiao-Hsien s'attaque au cas du wu xia pian et nous livre une fresque historique monumentale, innovante, singulière. Un film unique qui se classe d'ors et déjà parmi les plus grosses claques de l'année. Lire plus

The Revenant

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Le monstre d'Iñarritu sort enfin dans nos salles : est-ce que ce film, annoncé comme l'un des monuments de l'année, correspondra aux attentes ? Lire Plus

mardi 22 décembre 2015

Into the Badlands - Saison 1


SAISON 1 AMC
Créée par Alfred Gough, Mark Millar
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L’agonie créative de la chaîne AMC n’est plus un secret pour personne – quand on remarque que ses seuls récents succès sont les spin-offs de ses plus anciens, on est en droit de se poser des questions quant à la teneur de ses ambitions : décliner The Walking Dead pendant vingt ans et trouver le moyen d’écrire sur les personnages secondaires de ses shows à Emmys ? Si Weiner a catégoriquement refusé (il semble être le seul à avoir jamais su résister aux réductions budgétaires et ingérences artistiques des patrons de la chaîne), Gilligan, lui, a fini par craquer avec Better Call Saul. Lancée avec le lead-in zombiesque le plus important de la télévision américaine, Into the Badlands est bien là pour lancer une nouvelle franchise : créée par le duo à l’origine de Smallville, sa veine fantastique transpire d’ailleurs de la générosité mesurée de ses producteurs à l’intention de ses spectateurs.


Malgré sa volonté de générer une audience forte, Into the Badlands s’est efforcée de développer un univers et une ambiance quasiment inédites. Relecture post-apocalyptique de La Pérégrination vers l’Ouest (l’un des romans emblématiques de la littérature chinoise), où se rencontrent des influences western, wu xia pian (et plus particulièrement Tsui Hark) et de Mad Max, Into the Badlands réutilise des codes d’origines diverses pour livrer ce qui serait, théoriquement, le spectacle d’action ultime.
En résulte un résultat chaotique où se mêlent arts martiaux et champs de coton ; pourtant, de ces alliances étonnantes ressort aussi un ton unique et transcendant qui, malgré ses défauts, force l’admiration. La maestria technique, notamment des séquences de combats (qui se classent avec Banshee parmi les plus impressionnantes du petit écran), ne fait que souligner l’accomplissement formel de la série. Pourtant le budget est peu important, et ça se voit à l’écran – il n’y a pas de cadre recherché ni de réussites esthétiques notables, mais plutôt ce qui ressemblerait à une très longue série B des années 80, légèrement kitsch mais foncièrement fascinante et passionnée.
Qu’est-ce qui empêche alors à Into the Badlands de briller ? Tout le reste, en fait. Des acteurs plus mauvais les uns que les autres au scénario façon soap opera aussi inintéressant que les personnages secondaires ridicules qui n’arrivent pas à pimenter l’intrigue principale ; si la construction d’arrière-plan est grandiose, les pions qui lui donnent une justification souffrent de défauts d’écriture majeurs. On en vient à espérer que les dialogues insipides se terminent rapidement pour qu’on assiste à une autre séquence d’action, preuve que malgré des efforts visibles, les scénaristes échouent lamentablement à intéresser le spectateur.


Into the Badlands se trouve actuellement sur le fil microscopique qui sépare la purge du divertissement honnête. Elle a les cartes en main pour réussir – un univers original et un talent certain pour le mouvement – mais peine à leur donner une saveur dans le développement calamiteux de figures centrales prévisibles, d’enjeux mal définis et de failles béantes dans l’exécution de la narration. Into the Badlands a de l’imagination mais ne sait manifestement pas raconter une histoire – et pourtant il y a de quoi faire quelque chose de réussi. Avec toute la sympathie que l’on a pu développer pour elle, on espère que son envisageable second acte saura régler ces problèmes. Mais c’est clairement mal parti.


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