Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Mon Top 100 des films du XXIème siècle

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samedi 28 février 2015

House of Cards - Saison 3


SAISON 3 NETFLIX
Créée par Beau Willimon
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Une saison de House of Cards semble ressembler à chaque fois à une nouvelle épreuve pour Frank Underwood, un nouveau niveau comme si lui-même évoluait dans un jeu vidéo – medium qui possède une place étonnement importante dans ce troisième crû de la série de Beau Willimon. Ainsi, après une deuxième saison plutôt insupportable dans ses intrigues superflues inintéressantes et son aspect décalqué de ce qui avait fait le succès de la série l’année précédente, on retrouve pour la troisième fois Frank et Claire pour treize épisodes de politique de comptoir, de scènes faussement subversives et de meurtres gratuits.


Quoi ? Il n’y a rien de tout ça ? Et c’est effectivement là la (bonne) surprise des premiers épisodes – puis des suivants : étonnement sobre, soulagé de ses effets lourdingues (principalement le franchissement du quatrième mur, très peu utilisé cette année) et de ses twists improbables, House of Cards renaît de ses cendres. Même la mise en scène retrouve des couleurs : de vraies idées de cadrage, des plans à tomber par terre, un professionnalisme jusque dans les plus discrets détails. Mais qu’est-ce que peut donc nous raconter House of Cards pendant qu’elle ne passe pas son temps à montrer en large et en travers la monstruosité de Frank Underwood ? C’est bien simple : pour la première fois, la série de Netflix semble enfin mériter son étiquette de « show politique » (notons les guillemets). Boucherie de pouvoir sur fond de réforme sociale, Nouvelle Guerre Froide en arrière-plan de tensions géopolitiques, analyse sociétale à la base d’un couple en crise. House of Cards propose des sous-textes très intéressants, figurant les questionnements du paradigme mondial, s’intéressant autant à la hausse du chômage qu’au régime poutiniste, des droits des femmes jusqu’à ceux des homosexuels, de la guerre israélo-palestinienne jusqu’au rôle bâtard des Etats-Unis dans le bloc occidental. Cette réussite est à incomber en partie au personnage de Petrov : version Willimon de Poutine, il est aussi ambiguë que passionnant, et les épisodes où il apparaît se classent parmi les meilleurs de la saison.
Il y a toujours des ombres au tableau : tout ce qui tourne autour de Doug fait vraiment tâche et s’inscrit dans une continuité inutile de la deuxième saison. Heureusement que ces arcs narratifs ne composent qu’une petite partie de ces treize épisodes – malgré que le (médiocre) final se focalise dessus. C’est aussi dans le manque de subtilité de l’écriture du couple phare de la série qu’on peut trouver des erreurs de traitement : pas très crédibles, pas très cohérents – ou en tout cas trop opaques pour l’être. Car il faut le dire : si Frank Underwood était plutôt jouissif au départ, on semble avoir fait le tour du bonhomme depuis longtemps.


House of Cards est toujours et encore un peu surévaluée, mais cette saison 3 revient combler le fossé creusé par l’acte de l’an dernier. D’excellents choix, une écriture passionnante, une mise en scène très réussie, un Lars Mikkelsen démentiel, une bande-originale plus complète que jamais et une portée politique bien pensée. C’est toujours aussi vulgaire sur certains aspects mais la série parvient à passer outre. Soulagement.

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