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mardi 2 juin 2015

Community - Saison 6


SAISON 6 YAHOO
Créée par Dan Harmon
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Après avoir été sauvée d’entre les morts par Yahoo – qui se lance en 2015 dans la production de contenu original – Community remet donc les crampons, avec ce qui lui reste de son casting original, pour une saison 6, certes inquiétante à la vue du passé récent de la série, mais attendue de pied ferme par sa communauté de fans. Après treize épisodes, Greendale referme ses portes à nouveau. Pour toujours, cette fois-ci ? Même si la porte est laissée ouverte pour un futur film, cette saison 6 semble bien avoir été conçue comme la dernière.


Difficile de parler de la saison 6 de Community sans évoquer les changements créatifs ayant été opérés depuis l’an dernier : les épisodes sont plus longs, il y a de nouvelles têtes, mais Dan Harmon reste au gouvernail. Quelle saison inégale, tout de même. Community a souvent été remarquée par sa qualité en dents de scie d’un épisode à l’autre, mais pour cette saison 6, c’était parfois au sein d’un même épisode que la série alliait le génial et le très mauvais. L’ensemble était, il faut le dire, étrangement rythmé : la faute aux épisodes de trente minutes ou à une nouvelle dynamique d’écriture de la part d’Harmon ? Sans doute un peu des deux. Moins vivante, certes, Community a pourtant su éviter la catastrophe : même les moins bons épisodes de 2015 étaient tout de même un cran au-dessus des meilleurs de la saison 4. On s’embêtait un peu d’ailleurs, oubliant parfois de regarder le dernier épisode en date, comme si Community avait finalement lassé.
Puis, alors qu’on avait presque complètement perdu espoir après ces trois dernières saisons anecdotique, est arrivé ce final. Ah oui c’est vrai, le fameux « Six seasons and a movie » nous était presque sorti de la tête : cette saison 6, c’est la dernière, et ce cent-dixième épisode de Community sera le dernier. Et c’est alors que, prenant tout le monde de court, dans une tentative inattendue si ce n’est inespérée, la série nous livre un très grand épisode. Une conclusion parfaite, touchante et drôle, jouant avec ironie et auto-dérision sur elle-même sans avoir l’air cynique. Ce dernier épisode est d’autant plus un épisode sur Community plutôt qu’un épisode de Community, qu’il apparaît comme brouillant plus que jamais la frontière entre spectateur et écran. Du méta, du méta et encore du méta, pour une fin admirable qui restera dans les mémoires.
Arriver, dans cette dernière demi-heure, à donner du sens non seulement à ce que Community a pu proposer en terme narratif, mais aussi aux aléas créatifs ayant mouvementé son évolution six années durant, c’est à la fois surprenant et bienvenu. Encore faut-il appréhender le personnage mégalo qu’est Dan Harmon qui, derrière la grande estime qu’il peut avoir de lui-même, parvient tout de même à avoir un recul inédit sur sa propre œuvre et sur ses propres erreurs. Ce final est parfait parce que plus que de simplement briser le quatrième mur, il prend conscience de sa qualité de série télévisée, de son existence en tant qu’œuvre. Au départ, Community faisait des références à la culture populaire. A la fin, Community fait des références à Community, aux saisons de Community et aux fans de Community. C’est en tout cas bel et bien là la preuve que la série de Dan Harmon s’est définitivement fait sa place dans ce panthéon qu’elle chérissait tant.


Objet de culte par excellence, on est bien sur tristes de devoir dire au-revoir à Greendale. Et malgré qu’on puisse regretter que la série n’ait pas toujours été du même niveau, cette excellente conclusion n’aurait pas eu le même impact si elle n’avait pas été précédée de trois saisons d’une qualité plus que discutables. C’est là le génie de Dan Harmon et de ses scénaristes : faire de ses erreurs, de ses défauts, de ses faux pas et de sa gloire passée une composante même de sa diégèse, de sa portée incroyable en tant qu’objet télévisuel. On en viendrait presque à croire que la saison 4 était un coup de bluff, que cette annulation était une illusion, que tout ce qui est arrivé à Community depuis tout ce temps était prévu depuis le départ. Une leçon d’écriture sérielle.

(mais la note maxi pour le final)

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