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vendredi 17 juillet 2015

Le Secret des poignards volants


LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS (2004)
RÉALISÉ PAR ZHANG YIMOU
AVEC TAKESHI KANESHIRO, ANDY LAU, ZHANG ZIYI
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Avec sa filmographie regorgeant de fresques historiques en tous genres, ce n’est guère étonnant que Zhang Yimou se soit essayé plus d’une fois au wu xia pian. Arrivant deux ans après le succès de Hero (et quatre ans après Tigre et Dragon qui avait permis à l’époque la popularisation du genre à l’international), Le Secret des poignards volants utilise une base historique un peu floue pour servir un mélodrame classique vaguement justifié par des scènes d’action parsemées ici et là.


Car il faut le rappeler : Zhang Yimou n’est pas un réalisateur dit d’action, il n’est pas Tsui Hark. Non, Zhang aime les mélos bien mielleux et il faut dire qu’il y excelle, car il sait filmer ses personnages, s’immiscer dans leur intimité, s’absorber de leurs questionnements. Et ce principalement quand ils sont interprétés par Gong Li. Gangréné par ses scènes d’arts martiaux à rallonge (pourtant très peu nombreuses), Le Secret des poignards volants ne prend malheureusement pas le temps de présenter ses protagonistes, qui se révèlent par à-coups à force de twists pas vraiment bien amenés. Zhang se délecte des motivations simples, elles sont ici très vides, et cette absence d’enjeux renouvelés finit par fatalement ennuyer.
Zhang Yimou ne sait pas bien capter le mouvement. Dans une tentative de pastiche un peu facile, il s’essaie à l’exagération, mais la magie ne prend pas. Difficile d’être crédible dans une telle démarche quand le réalisateur se limite à l’utilisation excessive de ralentis mal placés et d’un montage épileptique répétitif de plans clonés. Mais malgré cette caméra facile, impossible de nier que Le Secret des poignards volants dispose d’une direction artistique des plus raffinées : la photographie poétique, la majesté des décors et l’excellente bande-originale n’auront pas fini d’hanter le plus frigide des observateurs. Il faut attendre le générique de fin pour réaliser que non, ce n’était pas la Chine, mais bel et bien l’Ukraine qui a servi au tournage du film.
La couleur est une composante essentielle du cinéma de Zhang et du wu xia pian, et c’est au final le seul point d’entente de cette rencontre fortuite. Au-delà de ces caractéristiques picturales admirables, ni la sensibilité du cinéaste chinois, ni le souffle épique de ce genre éculé n’arrivent à faire effet, et c’est l’impression d’assister à l’essai inopiné d’un réalisateur de s’approprier des codes qu’il ne semble pas avoir compris qui prend finalement le dessus. Car oui, Zhang confond mouvement de l’image et mouvement du cadre. Dans le traditionnel wu xia pian, même si les personnages défient les lois les plus essentielles de la physique, le trajet de la caméra demeure crédible. Chose que Zhang n’applique pas, et la nausée se substitue à l’émerveillement.


Le Secret des poignards volants aurait pu être une expérimentation passionnante, le renouvellement d’un genre non pas par la forme, mais dans le fond. Zhang avait les cartes en main pour émouvoir, pour transcender des archétypes déjà connus. Il n’en est pourtant rien. Parfois ringard, souvent approximatif, et indéniablement ennuyant. Il n’y a bien que son esthétique fabuleuse qui sauve le film du naufrage total. On lui préférera ses glorieux aînés.

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