Mon Top 30 des films de 2019

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Les Misérables

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mardi 21 juillet 2015

Ray Donovan - Saison 2


SAISON 2 SHOWTIME
Créée par Ann Biderman
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Mine de rien, malgré qu’elle ne soit pas une machine à buzz et ne fasse pas vraiment parler d’elle, Ray Donovan a su se développer un vrai style en à peine deux saisons. Imparfaite, handicapée de personnages secondaires agaçants et de storylines déséquilibrés, il faut lui reconnaître un mérite : si la télévision a toujours été friande de portraits citadins désenchantés, en s’intéressant à l’usine à rêves qu’est Hollywood, Ray Donovan est probablement de celles qui savent le mieux décomposer ce mythe urbain.


Le défaut de la première saison de Ray Donovan était qu’elle s’intéressait finalement plus à l’arrière-plan mafieux de ses personnages plutôt qu’à l’environnement dans lequel ils évoluaient. Dans un sens, c’était plus une série de gangsters qu’une série sur les excès et le pouvoir de l’illusion. Cette saison deux va cependant plus loin, et en s’intéressant davantage au revers de la médaille hollywoodien, elle semble en capturer la plus profonde identité : celle d’une société en détresse, celle d’un monde corrompu où puissants et moins puissants s’affrontent dans un combat presque unilatéral où les médias apparaissent comme une arme de destruction massive. Il est nécessaire de protéger cette apparence trompeuse, de lustrer ces figures déifiées que sont les stars du show-business – c’est de cela que parle Ray Donovan, d’une oligarchie du divertissement qui se complait à manipuler le peuple qui l’admire.
Que l’on soit d’accord ou pas avec Ann Biderman sur cette analyse pessimiste de sa propre industrie, on ne peut que lui accorder l’intelligence avec laquelle elle la construit. Ray Donovan c’est du complotisme intelligent, ni manipulateur ni manipulé, qui par le biais d’un développement précis de ses enjeux, parvient à justifier le plus inhumain des actes. En mettant en parallèle le grand banditisme représenté par Mickey Donovan et celui de protecteur du système qu’illustre son fils Ray, Biderman réfléchit sur la notion de criminalité et ceci avec une justesse assez admirable.


Ray Donovan est une œuvre d’ambiguïtés. La plupart de ses personnages principaux, au premier abord présentés comme des modèles de succès, ne sont au final qu’une réunion de malveillance et de déconnexion de réalité, qui se voit traitée par le prisme du reste de la fratrie Donovan. Dans un monde où les sommes se comptent en millions, où l’argenterie coûte le prix d’une maison et où le meurtre n’est qu’une petite erreur qu’il faut camoufler, une lueur d’espoir semble apparaître au bout du tunnel. Une remise en question progressive de ce système, pour le moment à l’état d’embryon, mais qu’il serait intéressant que la série traite plus précisément à l’avenir. Et peut-être passer au niveau supérieur.

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