Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

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Les Misérables

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Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

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Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

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Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

lundi 8 août 2016

Le BGG – Le Bon Gros Géant


LE BON GROS GÉANT (2016)
RÉALISÉ STEVEN SPIELBERG
AVEC MARK RYLANCE, RUBY BARNHILL, REBECCA HALL
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Qu’est-ce qui ne va pas dans Le Bon Gros Géant ? Il faut dire que le projet avait de quoi faire saliver : Spielberg, Roald Dahl, Mark Rylance ou encore Melissa Mathison (dont ce fut le dernier scénario avant sa mort en novembre dernier), les noms étaient prometteurs, voir enchanteurs. Le BGG c’est le retour de Spielberg, vingt-cinq ans après Hook, au film familial – et même si l’équipe ne semble pas avoir changé, Spielberg, lui, n’est plus le même.


Spielberg n’est pas devenu un mauvais réalisateur depuis E.T., ce serait même plutôt l’inverse (mais c’est un autre débat) – c’est son cinéma qui a choisi une autre direction, tout aussi virtuose, mais moins populaire et plus subtile. Les pères ont remplacé les fils, les cauchemars ont remplacé les rêves, les extra-terrestres sont devenus hostiles, et Le BGG, bien qu’un retour aux sources, est aussi une trahison de ce nouvel état d’esprit. D’autant plus qu’à la production, on retrouve Disney, chose impensable pendant l’âge d’or d’Amblin.
Autre point problématique, l’adaptabilité de Roald Dahl. Est-il vraiment possible de tirer un bon film de ses livres, si foutraques et singuliers, que seuls les imaginaires de Burton et Wes Anderson semblent avoir réussi à épouser ? Spielberg est un auteur moins radical, dont les conceptions narratives sont bien lointaines des histoires de Dahl. Du coup, si Le BGG est plutôt correct pendant une bonne heure, le spectacle s’écroule complètement lors d’une seconde partie illisible et hystérique.
Spielberg oblige, quelques belles idées de mise en scène viennent ponctuer le film – la scène de l’arbre aux songes est à ce titre merveilleuse – visuellement, c’est aussi une réussite malgré des effets parfois un peu trop tintinesques. Le véritable échec du film c’est son incapacité à procurer au spectateur quelconque émotion, par paresse (il y avait mieux à faire de certaines séquences), par obédience (ce qui fonctionne dans un livre ne fonctionnera pas forcément sur grand écran) et peut-être par lissage de la direction créative (on ne sait pas dans quelle mesure l’araignée Disney a été impliquée dans le projet, au-delà de son apport économique).


Le BGG est donc une nette déception, surtout après le très convaincant Pont des Espions sorti à l’automne dernier. Il rejoint les moins bons Spielberg, et à défaut d’être aussi ridicule qu’Always, il tombera dans l’oubli à la manière d’un Amistad. Il y a si peu à en dire qu’on s’imagine que les raisons de cet échec sont plus à imputer au désintérêt du cinéaste qu’au malheureux film de trop. Spielberg réalise son Harry Potter avorté avec quinze ans de retard, et on n’en retiendra pas grand-chose, à part des blagues pipi-caca et une prestation réussie de Dany Boon dans la version française, qui prouve encore une fois qu’il est bien meilleur doubleur qu’il n’est acteur. La magie, elle, n’est pas au rendez-vous.


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