Mon Top 100 des films du XXIème siècle

Mon Top 100 des films du XXIème siècle

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vendredi 9 septembre 2011

Habemus Papam


Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

Date de Sortie : 7 septembre 2011
Réalisé par Nanni Moretti
Avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr
Film italien, français
Durée : 1h42

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Nanni Moretti sort ses films à un intervalle d'environ cinq ans à chaque fois. On se souvient du Caïman, sorti en 2006, de La Chambre du Fils, désormais vieux de dix ans et palmé à Cannes, mais cet Habemus Papam se rapporterait plus à La Messe est finie de 1985, qui racontait l'histoire d'un prête qui quittait l'île où il officiait depuis une décennie pour Rome où il retrouve familles et proches. C'était d'ailleurs l'un des meilleurs films de Moretti (qui peut faire du bon comme du mauvais), et c'est donc avec une certaine impatience que l'on attendait ce retour au milieu chrétien donné par Habemus Papam.

Présenté à Cannes entre The Tree of Life (Malick), Drive (Refn), Melancholia (Lars Von Trier) et La piel que habito (Almodovar), il faut dire que les chances étaient mince d'une hypothétique victoire d'Habemus Papam où que ce soit, tant au niveau des performances d'acteur que de la mise en scène, tout cela restant d'une certaine qualité appréciable mais ne faisant pas le fois face aux calibres sélectionnés cette année. Reparti bredouille, mais globalement bien apprécié, le film sort enfin sur nos écrans dans très peu de salle. L'occasion pour moi d'aller le voir en VOST dans le cinéma d'auteur du coin.

Michel Piccoli interprète un Cardinal qui, après la mort du précédent Pape, est élu à la suite de nombres de votes par l'assemblée de ses confrères. Il devient donc Pape, mais ne sent pas qu'il soit destiné à l'être, ne se sent pas capable, inapte à ce nouveau job des plus importants. Il n'ose pas se présenter en public, son identité et donc gardée secrète mais pour qu'il puisse enfin se présenter en public, le Vatican fait appel à un psychiatre (interprété par Nanni Moretti), qui va essayer de soigner l'homme de différentes façons.


Comme ça, je suis sur que ça rappelle à quelques uns Le Discours d'un Roi, où le roi bègue George V était rééduqué à la parole par un orthophoniste en urgence pour qu'il puisse apparaître en public sans se tourner en ridicule. Mais non, Habemus Papam se révèle agréablement novateur et original, unique. Le début commence un peu bêtement, l'entrée des cardinaux dans la "salle des votes" (pardonnez mon ignorance, je peux pas donner le nom précis), avec journalistes qui les interrogent et fidèles qui les acclament. On a donc le vote, et l'élection de ce Pape fictif. Après, ça devient vite intéressant, vu que le personnage principal se révèle magnifiquement interprété par un Michel Piccoli au meilleur de sa forme. Malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas du reste du casting, car même si chaque apparition de Piccoli est un met précieux, celles de Moretti (si l'ont excepte la première), sont profondément ridicules, tournant au loufoque et à la parodie religieuse pas vraiment marrante qui laisse un peu de marbre.

Moretti ne fait aucune réelle superbe dans sa mise en scène, trop classique et trop "téléfilm" pour réellement s'échapper de l'étiquette "film d'auteur" collée normalement au film sans même un visionnage. Quelques beaux plans et beaux cadrages, mais certaines scènes auraient put être totalement coupées (on a le droit à tout le panel de ce côté là : longueurs, clichés, moquerie ratée). Pas vraiment de profondeur, mais le film se sauve du gouffre par Piccoli, comme dis plus haut, qui est sans aucun doute possible la véritable attraction du film. Beaucoup de choses étant trop superficielles pour paraitre réellement existantes.


Habemus Papam est une comédie "à l'italienne" tout à fait honorable. Un concept assez original et une belle brochette d'acteurs (Piccoli avant tout), mais certaines scènes un peu à côté de la plaquetsont un peu trop ratées pour faire de ce film une réelle grosse surprise. Il mérite sa présence à Cannes mais sera sans doute aussi vite oublié qu'il est sorti.


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