Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

Fin d'une année, fin d'une décennie. Retour en images, en textes, en sensations et en émotions sur la cuvée cinéma 2019. D'Hamaguchi à Eggers, en passant par Gray et Llinas. Lire plus

Les Misérables

Les Misérables

Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

The Irishman

Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

The Lighthouse

Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

lundi 15 juillet 2013

Oz - Intégrale


INTÉGRALE - HBO 
Créée par Tom Fontana

Six saisons dans une prison. On aurait espéré que ces six saisons de Oz soient toutes aussi bonnes, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Quand j'ai commencé Oz, je croyais être tombé devant une fiction à la The Wire. Faut dire que les deux premières saisons ont la même force sociale que la série de David Simon : alors que la première dénonce de manière brute et réussie la tragédie d'Attica et le système pénitencier américain, la seconde généralise son propos à la merveille. Les intrigues sont elles aussi géniales, et la fameuse scène de la révolte est absolument splendide. La Saison 3 traîne un peu plus, mais la Saison 4 retrouve le niveau des deux premières, du moins dans sa première partie, maîtrisée de bout en bout. La seconde est un peu moins bonne, mais reste passionnante.

Puis arriva le 11 septembre.


On dit qu'il y a un cinéma avant et après le 11 septembre, c'est aussi vrai pour les séries. Fontana est subitement devenu moins ambitieux - ou du moins pas de la même façon - pour les deux dernières saisons de son show. La chute de Oz qui démarre au milieu de la saison 4 avec la disparition d'un personnage majeur est ensuite sans obstacle, c'est de pire en pire, avec toujours des fulgurances, et en restant toujours agréable à suivre (les intrigues de Omar White, Jia Kenmin et James Robson). Oz passe du chef d'oeuvre à la bonne série, et finalement, entre l'arc entre Keller, Beecher et Schillinger qui traîne en longueur pendant cinq saisons et qui devient finalement absolument abrutissant, ou encore des personnages, comme McManus ou Soeur Peter Marie, qui deviennent de plus en plus insupportables, Oz finit par gaver. A la fin de la saison 5, j'ai saturé, alors je me suis fait la saison 6 en vitesse sans l'apprécier complètement, pour ne plus en entendre parler.

C'est dommage. Parce qu'ils faut dirent que ce que Fontana avait réussi à mettre en place pendant quatre saisons, plus ou moins bien, est gâché par deux saisons "de trop", un final plutôt raté, des personnages exploités de la pire façon, et finalement tout s'écroule plus ou moins. Oz reste une série exceptionnelle, attention ! C'est bien foutu, bien interprété, et le plaisir pendant les quatre premières saisons est génial... Mais Oz aurait dut modifier la fin de la saison 4 et s'arrêter là, et ça aurait été parfait - probablement du niveau de The Wire.

Pourtant, avec ces près de soixante heures dans la Prison d'Oswald, j'ai fini par m'attacher à tous ces serial killers, et même quelques mois/semaines après avoir terminé l'épisode final, je me rends compte que Ryan O'Reilly, Simon Adebisi, Kareem Saïd, Miguel Alvarez, James Robson, Omar White, Poet, Chucky Pancamo... Tous ces psychopathes tueurs, ces musulmans extrémistes, ces néo-nazis complètement racistes, ces mafieux ayant plus de sang sur les mains qu'un boucher, ces camés sans conscience, ils me manquent. C'est là que se situe le génie de Oz. On finit par haïr l'équipe pénitentiaire et à s'attacher à tous ces prisonniers, qui sont peu ou pas du tout fréquentables, qui ont tué des gens, qui ont des opinions politiques ou sociales détestables, même ceux dont les intrigues sont moins intéressantes (Beecher, Keller et cie). On serait prêt à pardonner ses écarts sur la fin à Oz, à s'arrêter à la saison 4 avec le fantastique du Couloir de la Mort.

Oz est une série oubliable, mais on y reste attaché après. Ce n'est pas un chef d'oeuvre - un chef d'oeuvre c'est comme The Wire, qui arrive à rester parfait sur cinq saisons, malheureusement Oz a chuté sur la fin et a presque détruit son patrimoine. Et c'est bien dommage. A voir dans tous les cas, car qu'on puisse dire du premier grand show de HBO, voir du premier grand show moderne, de la série qui a créé la nouvelle forme télévisuelle et qui plus ou moins l'influence de toutes les séries qui ont du succès aujourd'hui (toutes les séries HBO en découlent, mais aussi Breaking Bad ou Dexter y ont beaucoup emprunté), ça reste nettement supérieur à tout ce qui a put être fait dans le milieu carcéral à la télévision... qui a dit Prison Break ?

0 commentaires:

Publier un commentaire