Mon Top 100 des films du XXIème siècle

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samedi 10 mai 2014

Community - Intégrale


INTEGRALE - NBC
Créée par Dan Harmon

Les upfronts sont chaque année la période de l’hécatombe et des réjouissances pour les amateurs de séries. Les networks annoncent entre autres les renouvellements et les annulations de leurs shows préférés et détestés, et cette année plus qu'aucune autre, de nombreux destins allaient se jouer. Le suspense venait d'ailleurs principalement de chez NBC, dont les séries très appréciées Hannibal et Community étaient en grand danger : l'une comme l'autre a su se former une aura culte autour d'elle, et ce malgré des piètres audiences. Si la première vient d'obtenir une saison 3, Community, elle, vient d'être envoyée à la poubelle. L'annulation d'une série fait toujours l'effet d'un choc : déjà parce qu'il est rare qu'elle ait une vraie fin, et d'autre part parce que la nouvelle arrive presque sans crier gare.
Community c'est la folle création issue de l'imagination de Dan Harmon, auteur de quelques séries discrètes et du scénario du film Monster House avant de se lancer dans la-dite série, qui conte le quotidien d'un groupe d'étude dans une fac publique ("Community College"). Alliant délires meta et références geeks, s'inspirant ouvertement de Arrested Development, la série s'est rapidement forgée une fanbase assez importante, mais ne l'a jamais empêchée d'être relativement inaccessible pour une bonne partie du public non-réceptif à l'humour et aux références du show.


Beaucoup ont souvent comparé Community à The Big Bang Theory. Il est vrai que le lien peut être facilement fait : références geeks (même si celles de Community sont nettement plus recherchées et subtiles), deux personnages très similaires sur la forme (Abed et Sheldon). Pourtant il existe une différence en apparence anodine mais pourtant capitale entre la série de Chuck Lorre et celle de Dan Harmon : là où The Big Bang Theory rit des geeks et des "obsessions", Community rit avec les geeks. On prend par au délire des protagonistes au lieu de rire de ces délires comme le fait The Big Bang Theory.
Et c'est là qu'arrive le génie de la série. La notoriété de Community vient en grande partie de ces « épisodes spéciaux » où on est soudain plongé dans une partie de Paintball aux allures de FPS bon marché ou de western spaghetti, ou même une partie de Donjons & Dragons qui devient une version light du Seigneur des Anneaux. Sans rien voir venir, vous serez face à un épisode réalisé en stop motion ou en animation en référence à G.I. Joe - avec un tel taux de renouvellement, la série a su garder sa fraîcheur pendant trois excellentes saisons (le climax étant atteint avec la magistrale saison 2). Qu'en est-il des deux dernières ? Il faut savoir qu'au crépuscule de la saison 3, en raison d'audiences dérisoires, Dan Harmon, créateur et showrunner du show est évincé au profit de total nouveaux venus. Résultat : une quatrième saison navrante qui en a dégoûté plus d'un de la série. Rappelé à la rescousse pour la saison 5, Harmon livrera une (ultime) saison en demi-teinte : les premiers épisodes renouaient avec le génie des premières saisons, la deuxième partie était plus que décevante. S'achevant ainsi sur une mauvaise note, on peut toujours espérer un sauvetage par une autre chaîne/plateforme ou un final en beauté au cinéma.


Usant à merveille sa galerie de personnages tous aussi bien exploités les uns que les autres, Community a su briller de par son utilisation du comique de situation et de l’interaction de ses personnages. Car si beaucoup retiennent les épisodes Paintball (entre autres), on a tendance à oublier qu'une autre moitié des épisodes de Community se déroulait autour d'une table, à discuter. Et c'est dans ces épisodes là qu'on retrouve l'écriture d'un Mitchell Hurwitz dans la manière qu'a la série d'allier des dialogues à cent à l'heure et un montage épileptique sur les visages des participants. Ces épisodes valent d'ailleurs tout autant les autres, et c'est l'un des problèmes des dernières saisons : virant à moitié dans l'auto-parodie, la série n'a fait plus qu'enfiler des épisodes hommages / délires / méta qui oubliaient l’interaction et les scènes plus posées. Community s'est perdue en cours de route, car à vouloir souligner son originalité, elle a fini par perdre son charme.
Deux dernières saisons qui ont par ailleurs été embrumées par des départs à foison. On pense à Chevy Chase, qui n'a jamais apprécié la série et s'est barré en milieu de saison 4, mais aussi à Donald Glover qui est brusquement disparu en milieu de saison 5. Si leurs absences ont été vainement comblées par John Oliver et surtout Jonathan Banks (Mike de Breaking Bad), certes convaincants, on était plus vraiment devant le Community des débuts.


Alors que penser de cette annulation ? D'un côté, on est triste de voir la série partir, qui plus est sans réelle fin... Mais ces deux dernières saisons auront été des déceptions, et il aurait été encore plus difficile de voir la série se ridiculiser dans une sixième salve. Alors oui, on aura pas respecté le fameux Six season and a movie de notre bien aimé Abed, mais au moins, on aura pris notre pied pendant pas loin de soixante épisodes au milieu des élèves de Greendale. Quelques chutes, quelques erreurs de parcours, mais au final beaucoup de coups de génie, quelques chefs d’œuvres, et probablement l'une des meilleurs sitcoms de notre époque à la clé. Il est certain qu'on ne les oubliera pas de sitôt. Au revoir Jeff, Britta, Shirley, Abed, Annie, Troy, Pierce, Doyen Pelton et Chang, This was kinda like Breakfast Club, and it was great.


Détail par saisons : SAISON 1 (4.5/5), SAISON 2 (5/5), SAISON 3 (4/5), SAISON 4 (1.5/5), SAISON 5 (2.5/5)

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