Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

Fin d'une année, fin d'une décennie. Retour en images, en textes, en sensations et en émotions sur la cuvée cinéma 2019. D'Hamaguchi à Eggers, en passant par Gray et Llinas. Lire plus

Les Misérables

Les Misérables

Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

The Irishman

Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

The Lighthouse

Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

vendredi 16 mai 2014

Une Promesse


RÉALISÉ PAR PATRICE LECONTE
AVEC REBECCA HALL, RICHARD MADDEN, ALAN RICKMAN

Ça ressemblerait presque à une mauvaise blague : Patrice Leconte, réalisateur de la trilogie des Bronzés ou encore de La Guerre des Miss, à la direction d’un film romantique anglais (mais qui prend place en Allemagne, cherchez l’erreur) avec au casting Alan Rickman, Richard Madden (le Robb Stark de Game of Thrones) et Rebecca Hall, que visiblement Lady Vegas n’a pas dissuadé de continuer sa carrière d’actrice. Je suis mauvaise langue : Leconte c’est aussi des bons films, dont Ridicule, film en costumes lui aussi (mais dont le ton était tout autre)… Mais le cinéaste français n’a probablement pas réalisé un bon métrage depuis quinze ans, et le voir s’exporter pour la première fois n’avait rien de rassurant, parce qu’en plus, tenez-vous bien, Une Promesse est une adaptation. De quoi, de qui ? Le Voyage dans le passé de Stefan Zweig. Oui, oui, l’homme à l’origine des Bronzés 3 adapte celui à l’origine du Joueur d’échecs. C’est comme si Michael Bay adaptait Les Frères Karamazov.


Au-delà de l’aspect loufoque du projet, Une Promesse est d’un sérieux impassible. Quatre-vingt-dix minutes de romance simplette, de musique au piano et de voix-off qui lisent les lettres du bien-aimé. Passé une entame plutôt correcte, le film devient inintéressant au possible, et sa courte durée ne l’empêche pas de durer des plombes. C’est mou, lent, niai et déjà-vu.
Le plus fou dans cette affaire, c’est que le scénario d’Une Promesse est presque un point positif quand on voit la mise en scène de Leconte. Ce n’est même pas une réalisation plate comme on aurait pu l’attendre, non, c’est encore pire que ça : dans un élan égocentrique ou trop ambitieux, Leconte a choisi de filmer tout ça en caméra portée. Le problème c’est que le film est constitué en grande partie de plans fixes, et voir la caméra bouger dans tous les sens et en profiter pour faire des zooms improbables quand deux personnages discutent tranquillement autour d’un thé, ça frôle le ridicule. Pas qu’il soit défendu de briser certains codes, mais le résultat est ici infâme et gerbant, comme si Paul Greengrass s’était invité sur le tournage et avait pris en charge le cadrage.
Encore pire : après tout ça, on s’imagine que le casting sauvera les meubles ? Pas du tout : Rebecca Hall surjoue, Alan Rickman est effacé, Richard Madden est dans un rôle vide d’intérêt. Ils ont l’air de s’amuser mais la sauce ne prend pas.


Les jeux de mots étant de coutume lorsqu’on parle d’un navet, la promesse d’Une Promesse est plutôt respectée : on s’attendait à de la merde, surprise c’est de la merde. Ça sent comme un navet, ça a le goût d’un navet, et ça a toutes les caractéristiques d’un navet, il aurait été étonnant qu’il s’agisse au final d’autre chose qu’un navet. En plus de pouvoir se vanter d’être l’une des plus grosses catastrophes du genre depuis plusieurs années, Une Promesse est un véritable succès critique auprès de la presse française. Il aura fallu attendre que Leconte filme des allemands qui parlent anglais en Belgique pour que le Torchon du Dimanche trouve qu’il capte à merveille les frémissements de l’âme : amusant et terrifiant.

0 commentaires:

Publier un commentaire