Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

Fin d'une année, fin d'une décennie. Retour en images, en textes, en sensations et en émotions sur la cuvée cinéma 2019. D'Hamaguchi à Eggers, en passant par Gray et Llinas. Lire plus

Les Misérables

Les Misérables

Vrai-faux La Haine 2019, ce film de son époque est aussi un essai éminement philosophique sur un sujet sociétal majeur : le pouvoir d'une image et ses conséquences. Lire plus

The Irishman

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Des gangsters, De Niro, Pesci, Pacino, une durée gargantuesque et un budget encore plus énorme : The Irishman avait des airs de film ultime pour Scorsese - où est-il justement un peu plus que ça ? Lire plus

The Lighthouse

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Tour de force technique avant tout, The Lighthouse avait sû générer de forces attentes : le buzz passé, le résultat vaut-il un peu plus que le tour de passe-passe égocentrique ? Lire Plus

mercredi 22 juin 2011

Scream

Réalisé par Wes Craven
Avec Neve Campbell, David Arquettte, Courteney Cox, Skeet Ulrich

Il est intéressant de remarquer que le cinéma d'horreur – et tout ce qui touche à l'horreur en général, comme la littérature d'horreur, des maîtres Lovecraft ou encore le mitigé Stephen King, fan incontesté du précédent – est un genre qui semble revenir à la « mode » tous les vingt ou trente ans. Très à la mode dans les années 30 (son apparition dans le cinéma d'ailleurs) avec les Dracula de Lugosi, la créature de Frankenstein de notre très cher Boris, il s'éteint avec la naissance de la guerre à cause de trop de suites (Le Fils, La Femme, Le Neveu de Frankenstein...), et reprend dans les années 50 avec les films d'AIP et les Z fauchés (Ed Wood, si il ne faut citer que le plus célèbre), mais aussi des grosses productions remakés maintes et maintes fois, qui ont par ailleurs participé à la chute du Western Américain : The Things from Another World (que Carpenter a reprit dans les 80', puis qu'un Direct-to-DVD est en train de tourner pour une sortie en fin d'année, attendue au tournant), ou encore Le Jour où la Terre s'arrêta (dont on a vu la nouvelle version avec Keanu Reeves, alias Mr. Matrix). Le genre s'éteint aussi brutalement en 1960, environ, ne laissant place qu'à des petites productions pour amuser les pré-pubères. On voit certes quelques petits essais par ci par là (2001, ou La Planète des singes, si on les considère comme films d'horreur), mais il faut attendre le succès surprenant (à l'époque) de L'Exorciste, encore aujourd'hui considéré comme Le film le plus terrifiant de tous les temps, lançant une vague de cinéma d'horreur comme on en avait jamais vu : Les Dents de la Mer, Carrie au bal du diable et le reste des adaptations du nouveau Stephen King (Shining, Christine...) due à ce renouveau de l'horreur, Halloween, Vendredi 13, Les Griffes de la Nuit...
Quel est ton film d'horreur préféré ? Mouahaha.
Tous ces films, sans exceptions (à part les adaptations de King) remportent un tel succès que maintes et maintes suites sont lancés, planifiés sortis. Le problème, c'est que le public s'en lasse très vite, et le filon est déjà épuisé en 1985, même avant. Les producteurs continuent pendant une dizaine à exploiter leur filon après ça, mais ça n'a plus de succès, et tous les grands réalisateurs du cinéma d'horreur nés à cette époque (Carpenter, Craven, Hooper, Dante ?, …). Certains tombent dans l'oubli (Craven), d'autres tentent de renouveler le genre (Carpenter, avec toutes ces petites productions devenues cultes, notamment Invasion Los Angeles, ou Hooper et ses téléfilms) et enfin, les derniers changent de milieu (Dante s'initiera à la comédie avec Les Banlieusards).
On entend donc plus parler de l'horreur à partir de 85 qu'à travers des moqueries des multiples suites des succès précédent (Freddy compte 7 volets il me semble, le dernier de Craven est le seul qui rattrape à peine le premier, Vendredi 13 c'est du même topo, L'Exorciste n'en parlons pas, Amityville a finit par faire sourire au vu des suites presque parodiques, Les Dents de la Mer, le 3 et le 4 frôlant un ridicule nanardesque si bien que les cassettes se sont vendus à des milliers d'exemplaires et font encore aujourd'hui le bonheur des soirées entre potes pour se tripper un bon coup).
On remarque d'ailleurs que le cinéma d'horreur a eu ses heures de gloires lors de crises (les 30' avec la crise de 29, les 50' avec la Guerre Froide, les 70' avec la menace atomique...), et avec la chute de l'URSS, tout le monde s'attendait à ne plus entendre parler de l'horreur avant longtemps...
Dans le courant des années 1990, Kevin Williamson, scénariste prodige, envoi un rêve de gosse, un slasher (c'est un film d'horreur où tout le monde crève à la fin, comme Les Griffes de la Nuit), à un has been du cinéma d'horreur : Wes Craven. Le bonhomme avait jurer de ne plus réaliser dans le genre, mais le scénario lui plait tellement qu'il décide de revenir sur son jugement, et lance le projet « Scream ». Les studios ont tous peur, et Craven finit par trouver un accord avec la toute petite Dimension Films, qui accepte le projet, et lui donne une poignée de dollars pour Scream. Personne ne s'y intéresse, le film est bouclé rapidement, avec des stars inconnus, sortant de téléfilms, de séries, ou de rien du tout. Contre toute attente, le film remporte un énorme succès au box-office pour ce qu'il avait coûté, et le cinéma d'horreur est relancé, avec ce qu'on en connaît aujourd'hui : Saw, les multiples remakes (Halloween, Hannibal, Les Griffes de la nuit, La Coline a des yeux, Piranha...) dont les suites se sont multipliés à leur tour, Anaconda, et on remarque d'ailleurs que le genre lasse de plus en plus...mais bref, revenons à la sortie de Scream qui fut un pur succès inattendu.
Scream en lui même est un pastiche du cinéma d'horreur : un hommage à ce genre perdu, qui énonce les règles (dans le but de les rappeler à une nouvelle génération?) du slasher, et de l'horreur en général. Ce n'est pas une parodie, attention : Scary Movie est une parodie, on voit le résultat. Scream c'est tout dans la finesse, dans des références cinéphiles et cinéphages qui citent les années 80 (« Quel est ton film d'horreur préféré ? », avec toutes ces citations de Freddy, Halloween, Jason, Hurlements...). Des qualités techniques, Scream en a (c'est Craven le réal), mais c'est pas le principal atout du film, je parlerai plutôt des références géniales qu'il apporte, montrant une réalité ambitieuse et prémonitoire de jeunes qui ne vont au cinéma et au videoclub que pour les films d'angoisse. Les performances d'acteurs se gagnent au scénario, avec une fin de psychopathe, un jeu incessant avec le spectateur qui ne sait plus quoi penser, et du tirage de cheveux tellement gros que ça devient évident que le film ne se prend pas réellement au sérieux comme film d'horreur. Les suites suivront d'ailleurs : un Scream 2 dans la lignée du premier mais se répétant un peu, un Scream 3 décevant mais pas si nul que ça, et un Scream 4 révolutionnaire et nostalgique qui tente (peut-être) de remettre un coup de défibrillateur dans le cinéma horreur ? Encore une fois tué par la suites multiples (Saw...y en a combien ? Scream 4 s'en moque d'ailleurs...)

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