Mon Top 30 des films de 2019

Mon Top 30 des films de 2019

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samedi 11 février 2012

La Taupe



Réalisé par Tomas Alfredson
Avec Gary Oldman, Colin Firth, Mark Strong, Tom Hardy, Benedict Cumberbatch, John Hurt, Toby Jones
Film d'espionnage (2012)

Synopsis:
1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley. Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon, le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même. Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…

-~-~-~-~-

Quand on adapte John Le Carré, il faut s'attendre à tout : des très réussis adaptations de la Trilogie de Karla produites par la BBC avec Alec Guinness, ainsi que l'adaptation de 1965 de L'Espion qui venait du froid, jusqu'au navet atomique avec Sean Connery qu'est La Maison Russie ou Le Tailleur de Panama avec Pierce Brosnam, on peut dire que les résultats ont été mitigés.
Mais pour La Taupe, on se doute avec la présence de Tomas Alfredson que le film peut changer la donne. Car La Taupe, en plus du réalisateur de Morse dispose d'un casting orgasmique (Oldman, Firth, Strong, Hardy, Cumberbatch, Hurt, Jones...). Résultat, on apprenait il y a quelques semaines que Gary Oldman était nominé pour le Meilleur Acteur dans un rôle principal, et Alberto Iglesias pour la Musique Originale.
Qu'en est-il finalement ?

Tom Hardy dans son meilleur rôle (à gauche), Gary Oldman fait de même (à droite)
Quand on parle à « Papa » du film d'espionnage, il pense à James Bond, au mieux à la série TV Mission: Impossible : du cinéma de divertissement, destiné à un public très large, et souvent d'un réalisme plus ou moins réussi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je pense que c'est la France qui avait réellement relancé le film d'espionnage qui enfreint cette règle : il y a trois ans, avec l'excellent Affaire Farewell.
Alfredson par le biais d'une atmosphère Guerre Froide parfaite (il y a eut le vice de tout détailler jusqu'à la lampe de chevet pour que le spectateur ait l'impression de regarder un film d'époque). Car si il faut retenir trois choses de La Taupe, ce sera bien ça : mise en scène parfaite, scénario de génie et acteurs géniaux. Alfredson réussit le coup de véritablement comprendre le film d'espionnage; ce ne sont pas seulement des explosions, des courses poursuites en Chevrolet et des fusillades en haut de l'Empire State Building. Une atmosphère très clinique, presque cynique, apportant un regard objectif à l'intrigue, mais d'un point de vue totalement mystérieux : les portes s'ouvrent, se referment, on se perd facilement dans une intrigue complexe mais parfaite.
La Taupe joue avec le spectateur en lui faisant tout croire, lui faisant remettre en cause son jugement sur la scène précédente à celle d'après. Le tout se déroule, si bien qu'on rentre dans le film (ce qui n'est pas mince affaire, car ça reste peu abordable, d'où les critiques très mitigées le critiquant en partie d'ennuyeux), très vite.

Gary Oldman à gauche et John Hurt à droite.
Plus encore que la mise en abyme parfaite d'Alfredson est à noter l'intrigue superbement intelligente, défiant à la fois tout ce qu'on a put voir jusqu'à ce jour en terme de cinéma d'espionnage. La scène d'ouverture, sublimé d'ailleurs par le metteur en scène scandinave, est un tour de force, de même que le final, qui n'est ni trop long ni trop court et se termine avec un message très clair : "Oui, on adaptera encore du John Le Carré" (depuis on sait que ça sera le troisième volet de la trilogie, "Smiley's People").
Le dernier énorme point fort du film restera son casting : alléchant avant la projection, il est juste jouissif par la suite : Gary Oldman, vieillissant et méconnaissable (c'est là qu'on se rend compte qu'il a quand même 53 ans, bien qu'il paraisse encore plus âgé tout le long du film), Tom Hardy, dont c'est véritablement le meilleur rôle, et enfin un Colin Firth, qui confirme son talent une nouvelle fois. N'oublions pas Mark Strong qui hérite enfin d'autre chose qu'un rôle de méchant manichéen, et il s'en sort plus que bien.

Colin Firth

La Taupe est sur le papier un chef d'oeuvre, de mon point de vue. Un film qui marquera le cinéma, c'est clair. Son plus gros problème reste son inaccessibilité pour la plupart des personnes. Déroulant à la fois un film plein de faux semblants et de fausses pistes, on assiste à un véritable tour de force, tout simplement parfait, car c'est surement le seul terme qui suffit.

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